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Maîtrise d’ouvrage : le Sénat allège la facture des travaux des petites communes

C’est un verrou financier que beaucoup de maires ruraux connaissent par cœur : impossible de lancer un chantier communal sans mettre au moins 20 % de la facture sur la table, même quand les subventions pourraient couvrir davantage. Le 14 octobre 2026, le Sénat a adopté en deuxième lecture, avec modifications, la proposition de loi qui vise à lever cette contrainte pour les communes rurales, comme le rapporte Le Monde du Droit.

La règle des 20 %, un frein bien réel dans les villages #

Aujourd’hui, une collectivité qui porte un projet d’investissement doit en assumer une participation minimale de 20 %, quelles que soient les aides obtenues par ailleurs. Pour une grande ville, la règle passe inaperçue. Pour une commune de quelques centaines d’habitants, elle peut suffire à enterrer un projet : réfection d’un pont, rénovation de l’église, mise aux normes du réseau d’eau… Quand le budget annuel d’investissement se compte en dizaines de milliers d’euros, dégager un cinquième du coût d’un chantier lourd relève parfois de l’impossible.

C’est précisément ce que la proposition de loi veut corriger. Le texte, dont le parcours complet est consultable sur le dossier législatif du Sénat, prévoit d’exonérer les communes rurales de cette participation minimale pour les projets dont elles assurent la maîtrise d’ouvrage. Concrètement, une petite commune pourrait voir un chantier financé presque intégralement par les subventions de l’État, du département ou de la région.

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Ce que le Sénat a précisé en deuxième lecture #

La navette parlementaire a affiné le dispositif. Dans la version issue de la commission des lois du Sénat, l’exonération vise les communes de moins de 2 000 habitants, pour des catégories de projets bien identifiées : le patrimoine, la rénovation énergétique, l’eau et l’assainissement, la défense incendie, la voirie et les ponts.

Autrement dit, ce sont les chantiers du quotidien rural qui sont ciblés. Celui du clocher qui s’effrite, de la salle des fêtes passoire thermique, du pont communal fragilisé dont la réparation dépasse les moyens du village. Des dossiers que les maires repoussent d’année en année faute de pouvoir boucler le plan de financement, même lorsque les cofinanceurs sont prêts à suivre.

Un parcours législatif au long cours

Le texte ne date pas d’hier. Le Sénat l’avait adopté une première fois le 14 février 2024, avant que l’Assemblée nationale ne le vote, modifié, le 11 mars 2025. Le retour devant les sénateurs ce 14 octobre marquait donc la deuxième lecture, et le texte a de nouveau été adopté avec des modifications. La navette n’est pas terminée : il reviendra devant l’Assemblée nationale, qui devra se prononcer sur la version sénatoriale avant une adoption définitive.

Pourquoi c’est un sujet qui compte à la campagne #

Derrière la technique budgétaire, l’enjeu est très concret pour la vie des villages. La capacité d’une petite commune à entretenir son patrimoine et ses réseaux conditionne directement son attractivité : une école rénovée, une voirie praticable, un réseau d’eau fiable, c’est ce qui permet de garder des habitants et d’en accueillir de nouveaux.

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Les associations d’élus ruraux plaident de longue date pour des règles de financement adaptées à la taille des communes, rappelant que les mêmes obligations ne pèsent pas du tout de la même façon selon qu’on gère un budget de métropole ou celui d’un village. L’adoption sénatoriale du 14 octobre leur donne un signal encourageant, même si l’expérience invite à la prudence : entre une deuxième lecture et une promulgation, il reste du chemin.

Et maintenant ?

Les regards se tournent vers l’Assemblée nationale, qui devra inscrire le texte à son ordre du jour pour la suite de la navette. Si les deux chambres convergent, les communes rurales pourraient disposer d’un levier nouveau pour lancer des chantiers aujourd’hui bloqués. Dans les mairies des petites communes, où l’on jongle en permanence entre dotations, subventions départementales et fonds de concours, la perspective de ne plus buter sur la barre des 20 % changerait la manière même de construire un mandat.

D’ici là, les maires concernés peuvent suivre l’avancée du texte sur le site du Sénat et préparer leurs dossiers : si l’exonération entre en vigueur, les projets les mieux ficelés seront les premiers servis.

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